2026 – APRES LA FORET NOIRE, LA PROVENCE

Ma meilleure amie m’avait demandé de trouver un hébergement agréable pour la nuit — à l’aller comme au retour — à peu près à mi-chemin des 750 kilomètres séparant SAINT-MAUR de VENASQUE. Je me suis donc mise à la tâche et j’ai rapidement trouvé deux perles rares.

La première se trouve dans une région où nous n’étions pour ainsi dire jamais allées : le sud de la Bourgogne, un moulin reconverti de SAINT-VERAND. Nous y occupons une chambre petite mais charmante, agrémentée de beaux tableaux aux murs.

Par la fenêtre ouverte, on entend les gouttes commencer à tomber, et c’est un vrai bonheur après exactement 3 MOIS sans pluie ! Nous dégustons un très bon dîner accompagné d’un excellent Beaujolais Chiroubles 2024 de Romuald Petit. Ensuite, je peux fumer ma cigarette dans le jardin et je ne reste pas longtemps seule, comme le montre la photo (sans que je nr lui ai demandé de venir !!).

Le lendemain matin, le soleil brille à nouveau de mille feux – et nous faisons d’abord un petit tour « sans but précis », ce que nous apprécions beaucoup, car cette région est charmante et donne envie d’y revenir ! Partout, on vendange déjà le raisin – mais je crains que ce ne soit pas du tout un bon millésime.

Les heures qui suivent sont tout simplement horribles, car nous devons reprendre l’autoroute, où on roule au pas tant elle est encombrée. Ce n’est qu’au sud de Montélimar que nous pouvons emprunter enfin nos petites routes secondaires bien-aimées. Et là, nous constatons quelque chose de très étonnant : ici, tout est vert, pas du tout brûlé comme partout chez nous, dans le nord ! Les routes de campagne sont presque toutes bordées d’arbres à feuilles caduques, de joncs et d’énormes roseaux – qui ne brûlent tout simplement pas. Ici aussi, nous voyons à droite et à gauche les vignobles du Tricastin, dont la plupart des grappes sont encore sur les vignes. Et puis arrivent enfin mes amis : BONJOUR les cyprès ! 

Quand on est en vue des DENTELLES DE MONTMIRAIL, on est déjà presque arrivé.

Et en effet, dès 17 heures, nous prenons possession de notre « gîte », après avoir été accueillies par Caroline avec des baisers chaleureux, comme elle en a le secret.  Lors de notre première visite, elle nous avait attribué l’une de ses chambres d’hôtes, mais nous n’avions pas pu fermer l’œil à partir de 5 heures du matin, car celle-ci donnait sur la route très fréquentée menant à CARPENTRAS. Les deux dernières fois, elle nous avait logées dans une minuscule chambre de l’annexe, où habite sa mère de 78 ans. Ce n’était pas non plus l’idéal, car nous devions nous lever tôt et prendre le petit-déjeuner avec Madame Mère (après quoi elle part immédiatement faire ses courses…). Nous sommes donc d’autant plus ravies d’avoir cette année une petite maison rien que pour nous – bien à l’écart de la route. Et la piscine n’est qu’à 30 mètres, youpi !

Notre gîte, conçu pour un couple avec un enfant (d’où les trois lits simples), est vraiment charmant – avec sa frise de cerises sur les murs – et nous avons tout ce dont nous avons besoin. À l’extérieur, nous disposons d’une petite véranda avec une table et des chaises, et devant celle-ci, dans l’herbe, il y a même une petite table ronde avec des chaises pour profiter de la vue sur la montagne en face.

Mi aime particulièrement pouvoir voir sa KIA rouge et j’adore le cyprès solitaire là-haut !Bien sûr, nous montons à Venasque pour dîner dans notre restaurant préféré, LES REMPART. Malheureusement, on ne nous propose qu’une petite table dans un coin, car c’est vendredi soir et le restaurant affiche complet. Nous réservons donc tout de suite une table pour quatre sur la terrasse pour lundi soir, car Mi a invité son cousin Guy et sa femme Brigitte qui arriveront de Toulon. Elle les a également hébergés pour une nuit dans une chambre d’hôte de Caroline.

Dimanche, nous nous rendons au marché de MORMOIRON, si typique avec son public très hétéroclite et ses commerçants sympathiques. Mi achète un poulet rôti accompagné de pommes de terre pour nos invités demain midi et je m’occupe des fruits : abricots, mirabelles et prunes, le tout au prix de rêve de 3 € le kilo – à Montmartre, je ne peux pas m’en tirer à moins du double.

Sur le chemin du retour, nous passons chez cet homme qui a toujours ces superbes tomates ROMA, car ce sont les meilleures pour ma chère « Tarte Tatin à la tomate ». Et il les vend au prix incroyable de 2 € le kilo ! Comment peut-il gagner sa vie ainsi ?

Nous passons l’après-midi à lire à la mi-ombre des cerisiers et des oliviers, avec une belle vue sur la piscine, le jardin et la forêt derrière. C’est merveilleusement relaxant, tant que nous sommes seuls.  Malheureusement, nous devons plus tard céder la place au vacarme de deux gamins allemands mal élevés, que leur père observe imperturbablement.

Ces 24 heures passées avec Guy et Brigitte sont très agréables ; ils sont ravis du poulet de Mi, des fruits, de leur chambre et du copieux petit-déjeuner que Caroline leur sert sur sa terrasse. Mais pour la terrasse des « REMPARTS, ça ne se fera pas non plus lundi soir. Un gros orage est annoncé, donc la terrasse est fermée, et il éclate effectivement à 21 h pile. Mais nous avons une bonne table juste à côté de la fenêtre et pouvons ainsi admirer les éclairs et la pluie battante. Notre menu à trois plats, au prix vraiment raisonnable de 30 €, et le bon rosé nous plaisent beaucoup à tous, l’ambiance est au beau fixe.

Le lendemain matin, nous partons tous les quatre faire un petit tour à la campagne, à nouveau pour nous rendre à un petit marché à CAROMB. Guy et Brigitte sont tout aussi émerveillés que nous par le paysage qui entoure le majestueux MONT VENTOUX, et nous ne pouvons que leur donner raison : c’est vraiment un coin de terre particulièrement magnifique ! Il ne nous manque qu’UNE seule chose cette année : le chant des cigales. Elles ont malheureusement été victimes de cette chaleur insupportable. Le sol était tellement sec qu’elles n’ont pas trouvé de quoi se nourrir, elles sont mortes de faim. C’est affreux car elles n’ont pas pu avoir des petits non plus…

Le marché de Caromb est minuscule, mais Guy nous invite à prendre un « apéro », puis directement à déjeuner, et ce sur la terrasse d’un bistrot vraiment authentique, en compagnie d’hommes qui fument la pipe et jouent aux cartes à la table voisine. Le repas est bon et l’ambiance excellente, si bien que tous deux rentrent à Toulon ravis.

Mercredi a lieu le « grand marché » de SAULT, où nous avons déjà acheté nos nappes à plusieurs reprises. Aujourd’hui, c’est le premier jour sans soleil. Nous remontons la route menant au Mont Ventoux, mais à environ 1 000 mètres d’altitude, nous tournons à droite et descendons vers Sault. Là, une énorme surprise nous attend : des chaussures allemandes

RIEKER, ici, au fin fond de la province, et en plus en solde !!!  Je ne peux donc pas m’empêcher d’en prendre de suite deux paires pour l’automne et le printemps.

Bien sûr, on trouve ici aussi de magnifiques étals de fruits et légumes. C’est auprès du plus beau d’entre eux que nous faisons le plein pour les derniers jours, et je demande poliment la permission de prendre une photo. La charmante marchande est visiblement ravie de ma demande et m’y autorise volontiers.

L’avant-dernier jour, le Mont Ventoux a soudainement disparu ! Enveloppé dans un immense nuage de poussière venu d’Afrique qui nous apporte une chaleur terriblement étouffante. Heureusement, les « mioches » sont partis et nous avons la piscine pour nous toutes seules – mais la nuit, j’ai du mal à dormir à cause de la chaleur. Dommage, même ici, elle nous a rattrapées – cet été a vraiment été rude !

Mais le dernier matin, tout est revenu à la normale et nous nous rendons encore à un tout dernier marché à PERNES-LES-FONTAINES, au bord de la Nesque, où j’achète encore un bon kilo de mirabelles pour en faire de la confiture.

Bon à savoir pour la prochaine fois : il n’y a pas qu’une seule station-service à PERNES, mais deux – on n’aurait pas eu besoin d’aller jusqu’à Orange…  Et maintenant c’est le moment du « Au revoir les cyprès », à la prochaine, peut-être en juin, avec les cerises et la lavande en fleurs.

Lorsque j’ai réservé le « DOMAINE DU SENS » à côté de Bourg-en-Bresse, pour notre étape sur le chemin du retour, je n’avais apparemment pas bien regardé les photos sur le site Internet, car ce qui nous attendait m’a littéralement époustouflée. C’est en effet un véritable paradis de 13 hectares, où les hommes, les animaux et la nature s’entendent à merveille ! Toute une famille, originaire d’Afrique du Nord, a créé ici, à grand renfort d’argent et d’encore plus de travail, un lieu que je n’oublierai jamais.

Voici la maison principale comprenant une cuisine, trois chambres d’hôtes, un dortoir sous les combles pour les groupes et une terrasse où l’on peut prendre ses repas. Une centaine de petits détails soignés avec amour contribuent à créer une atmosphère accueillante.

La chambre est petite mais charmante, avec une douche et des toilettes. Il y a beaucoup de bois d’un côté et de l’autre, les pierres des murs sont en partie peintes. Les oreillers et les couvertures sont agréablement douillets. Et dehors – on ne peut pas vraiment appeler ça un jardin ! – se trouve un saule presque centenaire qui n’a qu’UN SEUL tronc. Il a pour ainsi dire un pied dans l’eau, car il y a une source en dessous, ce qui lui permet de résister à la chaleur.

Nous descendons vers lui, et là, il semble encore plus majestueux ! Il y a ici des ânes – qui ne s’approchent toutefois pas de nous, simples spectateurs derrière la clôture  –, un petit et un grand chat, ainsi que trois adorables canards qui se dandinent comme des pingouins. Ce qui me plaît beaucoup : la dame ouvre la marche et les messieurs la suivent sagement !

D’ici, en contrebas, nous admirons également la « maison familiale », où vivent les parents et le frère. D’ailleurs, le père a 78 ans et travaille 8 heures par jour quelque part sur le domaine !

Ce magnifique olivier nous a conquis. Tout comme le délicieux repas que nous avons dégusté sur la terrasse. Et c’est ce soir-là que j’ai pu prendre la plus belle photo. Mi est d’accord avec moi : nous  n’oublierons jamais cet endroit !

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